Les femmes contribuent largement au succès de l’exploitation de bananes de Chiquita. En Amérique latine, près de 2’800 femmes, environ 16% du nombre total d’employés, travaillent dans les opérations de production. Aux services administratifs internes et à la surveillance, ce chiffre dépasse les 21%. En 2011, l’entreprise et les syndicats ont créé le comité IUF/COLSIBA/Chiquita pour les femmes qui vise à améliorer les conditions de travail des femmes au sein des fermes de production de bananes. Son principal objectif est de promouvoir et d’assurer un lieu de travail sûr, sans harcèlement, exclusion ou inégalité et d’encourager les femmes dans le développement de leur vie professionnelle et personnelle. Un exemple récent provient de nos plantations du Panama, où 75 postes, spécialement dédiés aux femmes, ont été créés afin de contrôler la maladie Sigatoka qui attaque les bananiers.

Le point de départ

En 2001, Chiquita est devenue la première – et unique à cette date – entreprise du secteur à signer un accord-cadre international avec les syndicats régionaux et internationaux. Afin de souligner son importance, Juan Somavía, Directeur Général de International Labour Organization (ILO), a été témoin de la signature de l’accord IUF/COLSIBA/Chiquita portant sur la liberté d’association, les standards sociaux minimaux et le travail dans les exploitations de bananes en Amérique latine. Il a accompagné les dirigeants de Chiquita, de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation, de l’agriculture, de l’hôtellerie-restauration (IUF) et de la Coordination latino-américaine des travailleurs-ses de la banane (COLSIBA).

Le document original actuel

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Depuis lors, le comité conjoint de révision s’est rencontré au moins deux fois par année afin de veiller à la bonne application de cet accord et régler les problèmes que les négociations avec les syndicats locaux n’auraient pas résolu. En avril 2011, les femmes, ayant participé à l’assemblée du comité conjoint de révision, ont souligné la nécessité de travailler ensemble de façon constructive afin de résoudre les problèmes de discrimination dus au genre dans les plantations de bananes. A cette occasion, elles ont également formé le Comité pour la femme. Ses membres fondateurs sont Sue Longley et Barbro Budin de l’IUF; Iris Munguía, Adela Torres et Mireya Rodríguez de COLSIBA; Irene Sandoval, Sandra Campos et Marco La Touche de Chiquita. En août 2011, lors de leur premier rassemblement, le Comité a produit un  rapport sur les mesures à mettre en place qu’ils ont présenté lors de la prochaine assemblée du comité conjoint de révision. Le Comité pour la femme a préconisé les points suivants :

  1. Renforcer la politique de Chiquita pour l’amélioration des conditions de travail des femmes au sein des fermes de l’entreprise :
    • Inclure une clause sur l’amélioration des conditions des femmes dans l’accord IUF/COLSIBA/Chiquita.
    • Inclure la même clause dans toutes les conventions collectives
  2. Développer une campagne de sensibilisation et d’information pour les femmes afin d’encourager le développement des compétences techniques, les droits des femmes en général, la santé et la sécurité, ainsi qu’offrir des modèles tels que le programme pilote au Panama.
  3. Déployer des plans afin d’augmenter les possibilités d’emploi des femmes.

Le travail du comité

  • 10 assemblées au total ont été tenues entre 2011 et 2012
  • Début 2012, les membres fondateurs ont présenté le Comité lors de deux événements à Guayaquil en Equateur : la première « Assemblée mondiale des femmes ouvrières des bananeraies » et le « Forum international de la banane » (WBF). Les participants ont salué les efforts accomplis et ont suggéré d’étendre ce modèle aux autres entreprises productrices de bananes.
  • Ce modèle novateur a été inscrit à l’agenda du groupe de travail sur les droits des travailleurs et les conditions de travail du WBF, afin qu’il soit soutenu et reproduit.
  • Le Comité a finalisé la clause sur l’amélioration des conditions de travail des femmes afin de l’ajouter à l’accord-cadre IUF/COLSIBA/Chiquita
  • Le Comité a discuté de la mise en œuvre du projet pilote au Panama en 2013. Celui-ci vise à améliorer les conditions de travail et les perspectives de carrière des femmes avec l’appui de l’entreprise, des syndicats, des travailleurs et des leaders locaux.

Iris Munguía, coordinatrice chez COLSIBA, explique : « D’autres entreprises pourraient s’engager envers de telles initiatives parce qu’elles rencontrent les mêmes problèmes. Cela signifie que les solutions peuvent se partager et pourraient s’appliquer à toute l’industrie». « La réussite la plus importante du Comité a été de pouvoir s’asseoir à la table des débats afin d’exprimer et de partager nos points de vue, qu’ils soient en accord ou pas, » ajoute Mme Munguía. « Je pense que le Comité pour la femme est un modèle qui nous permet de développer des processus spécifiques focalisés sur les besoins des femmes pouvant intéresser d’autres entreprises qui y apporteront alors leur soutien, » commente Adela Torres Valoy, Secrétaire général de SINTRAINAGRO (Colombie) et coordinatrice des problèmes de discrimination due au genre chez COLSIBA. « Jusqu’ici, notre plus grand succès a été la finalisation de la clause pour l’intégration des femmes au sein de l’accord-cadre et des conventions collectives. Nous avons vraiment bien travaillé ensemble. »

Discrimination due au genre sur la liste des priorités de Chiquita

Comme cela est clairement indiqué dans son Code de conduite, Chiquita ne tolère aucune forme de discrimination ou d’harcèlement.

Chez Chiquita, nous ne tolérons aucune forme de harcèlement ou conduite qui créerait un environnement de travail considéré comme intimidant, hostile ou insultant. De même, des flirts de nature sexuelle non consentis, des avances ou des propositions, des commentaires verbaux ou par écrit à propos d’une personne, des plaisanteries sexuellement explicites ou insultantes, des contacts physiques inutiles et toute autre conduite verbale ou physique importune de nature sexuelle est interdite.

Aucune forme de harcèlement ne sera tolérée, que vous vous trouviez sur votre lieu de travail ou que cela soit en dehors des heures de bureau, comme lors d’un dîner de fin d’année ou d’un voyage d’affaires. L’harcèlement constitue un motif de renvoi immédiat et est passible, pour vous comme pour l’entreprise, de sanctions pénales.

Chacun de nous devrait favoriser un milieu de travail sûr et exempt de harcèlement en dénonçant toute conduite déplacée d’un collègue. Nous interdisons strictement toute mesure de représailles à l’encontre des employés qui signaleraient une forme de discrimination ou d’harcèlement.

Le rôle de la femme ainsi que ses droits sont devenus un sujet clé lorsque Chiquita a adopté la norme du droit du travail SA8000 et l’a même introduite dans le code de conduite révisé en 2000. L’attention donnée à ce sujet a été entretenue grâce au processus rigoureux des audits annuels SA8000, à nos formations internes et programmes d’éducation, à notre approche « tolérance zéro » envers toutes les violations, à notre « helpline » et à d’autres procédures de griefs et de plaintes, ainsi qu’à notre travail avec les syndicats locaux et internationaux. La mise en place du Comité pour la femme a été une mesure positive pour l’industrie bananière. Ses membres – appartenant à l’IUF, COLSIBA et Chiquita – s’attèlent à améliorer l’environnement de travail et la formation à disposition des femmes afin qu’elles soient prêtes à exploiter toutes les opportunités professionnelles dans les années à venir.

‘Le dialogue initié il y a 10 ans lors de l’accord-cadre IUF/COLSIBA/Chiquita a évolué et pris de l’ampleur. Les différentes parties travaillent ensemble dans un esprit constructif afin de trouver de nouvelles solutions. Le Comité pour la femme, dédié aux questions de l’emploi des femmes dans les cultures de bananes, est l’exemple d’un processus collaboratif qui, nous l’espérons, mènera à des progrès concrets sur le terrain. Ce processus distingue Chiquita du reste de ses concurrents de l’industrie bananière.’(Stephen Coats*, Directeur exécutif de l’USLEAP – Labor Education in the Americas Project)

*Stephen Coats, décédé en abril 2013, a dédié son existence à améliorer les conditions de vie et de travail des ouvriers en Amérique latine. Nous nous souviendrons de lui comme d’un fervent, mais toujours réfléchi, défenseur des droits de travailleurs, qui a incontestablement aidé à faire avancer les conditions des ouvriers agricoles de la région.

Références (sources IUF)

–       06/14/2001

–       03/23/2003

–       20/04/2011

–       26/08/2013